

Comprendre la douleur est un élément clé du processus de guérison.
S’il n’est pas nécessaire de devenir expert en neuroscience pour espérer guérir, il est utile de se familiariser avec quelques principes de base.
Tout d’abord, toute douleur quelle que soit son origine, est une expérience créée par le système nerveux pour nous protéger.
Elle n’est pas une mesure directe des dommages corporels.
Pour simplifier ce qui est un processus extrêmement complexe, le cerveau reçoit en permanence des informations de notre environnement externe ou interne (température, pression, mouvement…mais aussi émotions…) et le rôle du cerveau limbique est de décider si ces signaux représentent une menace ou pas. S’il les juge dangereux, il produit une douleur ou un autre symptôme comme signal d’alerte.
La douleur est :
• Réelle (toujours)
• Protectrice (ce n’est pas un ennemi)
• Pas toujours corrélée aux résultats d’examens médicaux
Les types de douleur :
• Douleur nociceptive (lésion/inflammation)
• Douleur neuropathique (lésion nerveuse)
• Douleur nociplastique (dont l’origine est un système nerveux qui est devenu hypersensible)
Note : Il est possible de souffrir de plusieurs types de douleurs à la fois.
Il s’avère que la plupart des douleurs et symptômes qui sont chroniques sont aussi nociplastiques (encore appelés neuroplastiques)
Qu’est-ce que cela signifie ?
Cela signifie que le système nerveux a appris à réagir trop intensément.
Souvent, il n’existe pas de cause ‘physique’ visible qui puisse expliquer le symptôme, et les nerfs ne sont pas endommagés. Par contre, c’est le cerveau qui interprète les signaux comme étant plus dangereux qu’ils ne le sont réellement.
En conséquence :
• Un mouvement normal peut faire mal
• Une légère pression peut être douloureuse
• La douleur peut migrer
• Le stress ou la fatigue peuvent aggraver les symptômes
Ceci est en fait une altération biologique du fonctionnement du système nerveux, ce n’est pas du tout ‘imaginaire’ ou ‘psychologique’.
Pourquoi les tests sont normaux ?
Les examens peuvent être normaux car ils détectent les lésions structurelles, mais pas l’hypersensibilité nerveuse.
Cela ne signifie pas que ‘tout va bien’ ou que ‘la douleur est imaginaire’.
Cela signifie que le problème réside dans le traitement du signal par le système nerveux, et non dans des tissus endommagés.
Et c’est pour cette raison qu’il existe tant de confusion chez les personnes souffrant de douleurs chroniques à qui l’on a dit ‘qu’il n’y a rien qui ne va pas ‘, ou bien que, même si quelque chose a été détecté lors des examens, cela ne devrait pas ‘ justifier ‘ des symptômes d’une telle intensité.
À moins que la personne qui pose le diagnostic ne soit informée des mécanismes de la neuroplasticité, cela peut marquer le début d’un cycle sans fin…